Un GTA sur DS ? L’idée paraissait au début farfelue, certains ayant peur de tomber dans un party-game mafieux, d’autres en un épisode pas très bon, voire pas du tout… Moi-même j’ai pensé le plus grand mal de ce jeu lors de son annonce. Réunir dans une petite cartouche toute une ville sans supprimer une grosse partie du gameplay et de la liberté relevait de l’exploit, voire de l’utopie. Alors au final, que propose ce GTA Chinatown Wars? Le titre du jeu en annonce déjà la trame principale, les triades chinoises se disputent la tête de l’organisation, et vous incarnez Huang Lee, fils d’un chef de gang assassiné. À peine arrivé à Liberty City qu’il est laissé pour mort, et jeté à l’eau. Par chance, il s’en sort indemne, et va chercher à venger son père au milieu du conflit.
Concrètement le jeu est une sorte de retour aux sources, se déroulant vue de
dessus, support oblige. L’écran du haut dévoile l’action, celui du bas affiche les données importantes du jeu comme le GPS, votre argent, vos armes, votre état de santé et des icônes d’accès aux mails. L’écran du bas affiche également les cinématiques et les scènes d’interactions au stylet. L’écran du haut affiche donc une lisibilité de jeu parfaite, que vous pouvez personnaliser dans les options, en affichant certaines données radar comme votre santé directement sur cet écran, afin de les voir sans quitter l’action des yeux. La caméra suit parfaitement le déplacement de votre véhicule, sans jamais faillir, tandis qu’elle sera manœuvrable avec le bouton L quand vous serez à pied. Tout a été très bien pensé et il est difficile de voir un quelconque défaut sur ce plan. Si les actions principales que sont les gunfights, les vols de voitures et les courses poursuites sont fidèles à la série, la nouveauté du gameplay se trouve dans les interactions au stylet qui vous sont proposées. L’écran du bas servira tout simplement à voler une voiture en dévissant le tableau de bord pour débrancher les câbles et lancer le démarrreur, à fouiller des véhicules, des poubelles, briser le pare-brise quand vous tombez à l’eau, ou encore remplir des bouteilles d’essence dans des stations pour faire des Cocktails Molotov, occasionnant à chaque fois une courte scénette. Ces interactions par leur rapidité ne pourrissent en rien le rythme de l’action et permettent de faire entrer un peu plus le joueur dans le peau de Huang. Là encore, un soin particulier a été apporté quant aux fonctionnalités propres à la console.
Chaque GTA vous force à vous balader au début de l’aventure pour trouver un peu d’argent. Celui-ci ne fait pas défaut, vu le maigre pourboire que vous donnent vos employeurs radins. Le moyen le plus lucratif de cet épisode est le deal de drogues en tout genre… blanche, coke, taz, lsd, beuh, calmants sont au rendez-vous, et pour peu que vous suiviez le cours de la bourse du drogué, vous pourrez vous faire un beau petit paquet de pognon ! Le PDA vous donne accès aux adresses de vos dealers, et sont directement accessibles via le GPS. Pratique pour retrouver votre clientèle favorite. Certains carrément en manque peuvent racheter votre cargaison au prix fort, tandis que des petits malins ont mis la main sur un stock et vous le revendent à bas prix. Une fois sur le lieu de la vente, attention à être seul ! Si la police est dans le coin, ou pire, à votre poursuite, le dealer s’enfuira et reviendra une fois le calme revenu. En parlant de la police, les fameuses médailles qui permettent de baisser votre niveau de recherche ont disparu. Les patrouilles sont très présentes, et le seul moyen de s’en débarrasser est de les semer, « simplement » en les anéantissant en les poussant dans le décor. Chaque indice de recherche équivaut à une patrouille à semer.
Par exemple, à trois indices, vous serez poursuivi par des voitures, fourgons
et hélicoptères, et vous devrez semer six véhicules (3+2+1) pour baisser progressivement le niveau. Simple et efficace, ce système permet de lancer des courses poursuites haletantes avec les forces de l’ordre. Vous pouvez toujours passer du côté de la loi avec les missions de police en prenant possession d’un de leurs véhicules. Les missions de taxi, d’ambulance et de pompier sont également de la partie, permettant de briser un peu la routine entre deux objectifs principaux et du deal. Vous pourrez également participer à des courses urbaines, et même livrer des nouilles chinoises ! D’autres petits jobs seront disponibles dévoilant toujours un peu plus les possibilités offertes par le jeu. Si Rockstar a pris grand soin du gameplay, il n’a pas laissé en reste le moteur graphique du jeu ! C’est simple, on a jamais vu ça avant. La ville est calquée sur celle de GTA IV, logiquement plus petite, mais très grande pour un jeu DS. Le décor fourmille de détails, sacs poubelle, journaux, panneaux publicitaires, enseignes de magasin, tout est animé, on voit même le métro passer de temps en temps. En allant à l’aéroport, je m’attendais à trouver une grande zone vide, et là encore, on voit les Boeings se poser et se diriger vers la tour de contrôle. La ville est vivante, animée, les gens vous insultent, se battent entre eux parfois, provoquent des accidents, comme en vrai quoi ! Le cycle jour-nuit est bien réalisé. Les changements de lumière très agréables à l’oeil. En revanche, les rues étant très étroites parfois, il peut être difficile de conduire correctement. De plus, alors qu’on entend les piétons s’insulter, les vendeurs à la sauvette vous proposent des hot-dogs ou des beignets ! Les cinématiques ne sont pas doublées en français. Ce sont de simples textes qui s’affichent sous les illustrations. Dommage, alors que le son frôlait comme les graphismes la perfection. Bruits de moteurs et coups de feu sont directement issus des versions consoles de salon. Les radios sont également présentes, et bien qu’il ne s’agisse pas de vrais morceaux connus, les compositions instrumentales sont de bonnes qualités et mettent tout de suite dans l’ambiance. En parlant des dialogues, ceux-ci sont hilarants : les protagonistes passent leur temps à s’insulter le plus vulgairement possible, et les références cinématographiques des traducteurs font franchement plaisir.
Les missions principales se terminent en une douzaine d’heures et il en faudra bien plus aux adeptes du 100% ! De plus, un mode multijoueurs en local ou en ligne permet à deux personnes de s’affronter ou de coopérer lors de missions de vols de véhicules, de courses, ou de carnages. Vous pourrez braquer un fourgon de drogues et l’amener le plus vite à votre planque alors que votre ami essaiera de vous le reprendre de force. Plusieurs scénarios sont disponibles dans chaque mode, et relance encore plus loin la durée de vie du jeu. Le jeu frôle donc la perfection, un peu plus court que les autres, mais tout aussi intense. Les maigres défauts sont incapables de gâcher la grande qualité de ce GTA Chinatown Wars. Rockstar a donc réussi son coup et fera normalement hurler les Familles de France (salut à eux au passage… ou pas) pour notre plus grand plaisir ! Excusez moi, Mr Rockstar, je vous ai manqué de respect…

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Graphismes: 10/10
Son: 10/10
Gameplay: 10/10
Durée de vie: 8/10
Le Verdict: 9/10 !
