« Un noble chevalier, une princesse délurée, un marchand audacieux, deux sœurs bouleversées… Bien que les vies de ces âmes courageuses soient on ne peut plus différentes, elles sont unies par le même destin… Car tout comme vous, elles ont été élues. »
Enfin! La légendaire série Dragon Quest s’installe enfin chez nous! Une série qui a une aura plus brillante que Final Fantasy lui-même au Japon, qui a valu le respect de milliers de joueurs pour Enix. Depuis l’arrivée et le succès de l’épisode VIII sur PS2, la localisation de la série est devenue réalité. L’arrivée des épisodes inédits en Europe commence avec le quatrième, et entame ainsi la Trilogie Zénithienne. Originellement sorti sur NES en 1990, il a eu le droit à un remake sur Playstation qui n’avait pas non plus franchi nos frontières. C’est désormais chose faite grâce à la reine des portables.
Dragon Quest IV vous entraîne donc dans un monde fantastique et hostile, où vous, le héros, devrez trouver des compagnons pour sauver le monde du Roi Démon. L’histoire débute donc de manière classique, mais le découpage du jeu en chapitres, assez audacieux, permet de développer plusieurs petits scénarios pour chacun des personnages jouables, tous très attachants, et donc de se familiariser avec chacun d’entre eux. Le jeu débute donc avec un court prologue où Vous, à savoir le Héros, ou bien l’Héroïne selon votre choix, ferez une rapide connaissance avec votre avatar, avant qu’il ne laisse la place à Ragnar McRyan, personnage principal du chapitre I, ayant pour mission l’enquête sur la disparition d’enfants du Royaume de Bastione. Le chapitre II vous présente Alina, jeune Héritière du trône de Zamoksva, fuyant l’univers confiné du château pour vivre de grandes aventures. Elle est accompagnée par Borya le magicien et Kyril le jeune prêtre, résolus à la protéger. Torneko Taloon est le personnage du chapitre III. Marchand de son état, il rêve d’ouvrir sa propre boutique et prend donc la route afin de devenir le plus grand marchand du monde. Le quatrième chapitre nous présente deux charmantes sœurs, Mina et Maya, dont le père a été assassiné. Elles quittent donc leur village en quête de vengeance. Le chapitre V, évidemment le plus conséquent, revient finalement au héros, et vous devrez trouvez des compagnons assez valeureux afin de sauver le monde. Au total, huit héros constitueront cette communauté, et bien que tous très différents, ils seront complémentaires. De plus, certains personnages croisés en chemins pourraient bien avoir envie de rejoindre un temps votre équipe, que ce soit un soldat, un voyageur ou un monstre. Ces NPC agiront de leur propre chef en combat, se battant courageusement ou en soignant vos héros.
L’aventure se déroule dans un univers médiéval fantastique ou vous serez la plupart du temps à pied. Vous pourrez au bout d’un certain temps vous déplacer en bateau, puis en montgolfière. Vous aurez également à votre disposition un chariot, tiré par un sympathique canasson, qui vous sera utile pour le transport d’armes et de compagnons, vous ouvrant ainsi des options stratégiques en combat puisque vous pourrez intervertir les héros si la situation devient critique pour l’un d’eux. C’est un vrai plaisir de se balader dans ce monde. Les personnages sont charismatiques, les situations peuvent être parfois dramatiques, parfois cocasses. L’univers est coloré et les graphismes sont parmi les meilleurs sur DS dans ce style. Basé sur la version PSOne, ceux-ci sont sublimes, mêlant des décors en 3D assez propres et des personnages rondouillards en 2D.
Le double écran permet d’afficher deus fois plus de paysage pour deux fois plus de bonheur, là où Final Fantasy III avait par exemple laissé un bête écran noir. Il est même possible de faire pivoter le décor à 360° pour apprécier la visite des lieux et mettre la main sur des trésors cachés. Ceci entraîne quelques légers ralentissements assez rares (surtout dans la ville de Estuaria ) mais c’est une faute largement pardonnable. En revanche, les spécificités tactiles de la console ne sont pas du tout utilisées, Dragon Quest IV se jouant uniquement aux boutons. Les musiques ne sont pas en reste, les thèmes classiques de la série sont là, les morceaux épiques côtoyant d’autres plus légers, voire humoristiques, sont très efficaces. Du tout bon! Et même du coté de la traduction, le jeu a été très bien travaillé. Que l’on joue en anglais ou en français, les dialogues sont savoureux, c’est un véritable bonheur de parler à tous les habitants de ce petit monde. Par exemple, les régions du monde ont chacun un dialecte. À Zamoksva, les gens parlent avec un accent russe, souligné par l’alphabet cyrillique employé dans les dialogues. Dans d’autres villes, les gens parlent un français très british (« Vous voyez, Darling, je ne peux rester plus longtemps dans cette town… »). Si vous jouez en anglais, ces même gens massacreront la langue de Shakespeare avec un redoutable accent français (« I am ze king of zis city ») ! Très drôle! Par contre, faute de goût comme dans Dragon Quest VIII, les slimes, mascotte de la série, sont toujours appelés gluants…
Mais un tel univers, si agréable soit-il, deviendrait inintéressant si la durée de vie n’était pas au rendez-vous. Et là encore c’est du très bon. Vous pouvez compter une bonne quarantaine d’heure pour suivre la quête principale, et vous en aurez pour plus longtemps si vous aimez les quêtes secondaires, la collecte d‘objets cachés et les jeux du casino. De plus, un sixième chapitre optionnel débouchant sur un boss surpuissant, et un personnage jouable caché assurent pas mal d’heures en plus pour le passionné. Une quête secondaire très longue consiste à faire votre propre village. Vous pourrez trouver des habitants dans le jeu, et le style d’habitant changera l’allure de votre ville ( le tout dernier étant assez… peu commun !) Grâce à la connexion wi-fi, vous pourrez échanger des habitants d’une console à l’autre.
Ainsi vous l’aurez compris, Dragon Quest IV est l’occasion parfaite, rêvée, de découvrir une des séries de RPG les plus prestigieuses. Vivement la suite de la saga Zénithienne, et vivement l’épisode IX! Allez, messieurs de Square Enix, un petit coup de fouet pour accélérer la localisation !

————————————–
Graphismes: 9/10
Son: 10/10
Gameplay: 8/10
Durée de vie: 8/10
Le Verdict: 8,5/10 !


